samedi 21 mars 2009

Spomenik


Une belle série de photos par le belge Jan Kenpenaers sur les monuments de l'ex-yougoslavie.








vendredi 6 février 2009

Les perspectives dépravées

Deux petits bijoux, deux précis de curiosités architecturales, dont je vous conseille absolument la lecture, viennent d’être réédités il y a quelques mois aux éditions Champs après de nombreuses années d’absence des rayons. Écrit en 1983 par Jurgis Baltrusaitis, l’un des esprits les plus curieux et les plus originaux de notre temps, dont on affirme désormais qu’il restera "l’un des cinq ou six historiens de l’art qui marqueront le XXe siècle".

Les dépravations optiques nommées anamorphose et les aberrations (un terme astronomique) qui, en faisant voir les choses où elles ne sont pas, font naître des légendes du mythe dans le domaine de l’esprit. Elles relèvent toutes d’un même mécanisme raisonné et poétique.
Le premier tome, Aberration, traite de 4 points, la physiognomonie animale, les pierres imagées, le roman de l’architecture gothique et les jardins, pays d’illusions, alors que le deuxième ne traite que des Anamorphoses.
Bonne lecture à vous

mardi 23 décembre 2008

Pozzo di Borgo


En vacances sur mon île natale pour réveillonner, j’en profite pour faire un post copier-coller avec différents articles trouver sur la toile, suite à une discussion avec Mr Marksor à propos de l’improbable histoire du château de la Punta percher sur une montagne derrière Ajaccio. Histoire de fragments d’un célèbre monument royal, rassemblés par un extravagant au XIXe siècle à l’autre bout de l’hexagone. Déplacement d’un bâtiment, mais pas une simple translation (simple tout reste relatif…) telle que l’on a l’habitude de voir pour certaines de ces maisons américaines ou la migration des églises roumaines sous Ceauşescu. Non sorte de mix entre un Tetris géant et une réduction jivaros, réduction du volume, aspect rituel inclus où la dépouille d’un adversaire puissant est conservée dans l’espoir d’obtenir ses pouvoirs.
«C’est une reproduction composite, chacune des façades correspondant partiellement à certains pavillons du palais.»

...Représentant pour les insurgés un symbole de l’absolutisme, le palais des Tuileries fut incendié en 1871 durant la Commune. Onze ans plus tard, la Chambre des députes décida de raser totalement le bâtiment. Jérôme Pozzo di Borgo et son fils Charles, neveu de l’ambassadeur de Russie, dans l’optique de construire un château sur leur domaine familial situé à Alata, près d’Ajaccio, récupérèrent alors une partie des matériaux du palais. Ainsi, le château dit de la Punta construit entre 1886 et 1894 par Léon Vincent offrit une deuxième vie à certaines pierres du Palais...


..."C’est au printemps de 1883 que le comte Charles Pozzo di Borgo acheta un lot important des pierres des Tuileries provenant des carrières de Vaugirard. Avant de déposer avec soin le lot acquis, il fit photographier sur place l’ensemble des pierres choisies. Ces pierres furent numérotées et mises dans des caisses inventoriées sur un registre, bref toutes précautions avaient été prises pour permettre la reconstitution de ce gigantesque puzzle.
Charles décida (finalement) d’envoyer ses caisses à Ajaccio et, au commencement du mois de juin 1883, je recevais une lettre de lui me demandant de m’occuper de louer un grand hangar où pourrait être remisés les colis dès leur arrivée à Ajaccio. A cet effet, je louai à la Villeta les locaux, remises et écuries qui avaient servi à l’entreprise des Messageries de la Corse. A paris, on avait d’abord songé à envoyer les caisses à Ajaccio par bateau à vapeur venant du Havre, mais je ne sais pour quel motif on dû renoncer à ce mode de transport. On fit partir les caisses par le chemin de fer jusqu’à Marseille et on les entreposa dans les docks. Il y avait alors deux départs par semaine des bateaux à vapeur faisant le service entre Marseille et Ajaccio. L’un de ces paquebots-poste appartenait à la Cie Valéry, (dirigée par la famille de Paul Valéry), l’autre à la Cie Transatlantique. L’un et l’autre de ces courriers débarquaient sur le quai d’Ajaccio un certain nombre de caisses qui étaient ensuite transportées par charrettes au hangar de la Villeta. Il y en eut 185 en tout"...

..."A Paris, Charles, malgré l’opposition de son père, le duc Jérôme, et de sa tante veuve de Charles Jérôme, était bien résolu à édifier le château et s’occupait à en faire établir un plan copié sur un des pavillons des Tuileries. Il déclara à son père que s’il persistait dans son opposition il renoncerait à toute idée de séjour et d’établissement en Corse. Jérôme finit par donner son consentement.
Charles et son père arrivèrent en Corse en décembre 1885 pour décider,

1°) si le futur château serait bâti dans les environs de la chapelle ou à la Punta, et
2°) quel serait l’emplacement choisi si on le construisait à la Punta.
On hésita quelque temps avant de décider que le château serait construit à l’endroit où il a été effectivement édifié. La vue était plus belle que partout ailleurs, mais il paraissait à plusieurs d’entre nous que le château serait trop exposé au vent de Nord-Ouest. Un dominicain, le Père Jouin, supérieur du couvent de Corbara, prêchait à la cathédrale d’Ajaccio. Charles l’invita à un déjeuner champêtre dans la vallée de la Punta, et, après le déjeuner, il le conduisit auprès des deux ou trois endroits entre lesquels on hésitait encore. Le Père n’hésita pas à conseiller de bâtir là où se trouve le château aujourd’hui. C’était l’opinion de Charles lui-même qui, dès qu’il fut rentré à Paris, chargea l’architecte M. Vincent d’établir les plans."...

..."Les premiers travaux commencèrent en avril 1886 avec des ouvriers d’Ajaccio, maçons et granitiers. Le comte Félix raconte :
« J’allais plusieurs fois assister aux efforts de l’architecte pour retrouver telle pierre qui manquait et qu’on ne retrouvait pas parceque la caisse dans laquelle elle eut dû se trouver d’après le numéro d’ordre, avait été défoncée... »
Les charpentiers et couvreurs vinrent du continent, le menuisier, M. Dehais, et deux sculpteurs vinrent de Paris.
La route privée gravissant les pentes du mont Pozzo di Borgo qui domine Ajaccio s’arrêtait à la chapelle funéraire de la famille. Sa continuation avait été confiée à un conducteur des Ponts et Chaussées du nom de Rossi qui acheva son travail en 1883 après trois années d’efforts considérables, tout se faisant à coups de pioches et de charges de dynamite !... Elle devait compter sept kilomètres"...

..."Sur le fronton nord, au dessous des armoiries de la famille, sur une plaque de marbre rouge, se lit l’inscription :
Jérôme Pozzo di Borgo et son fils Charles ont fait construire cet édifice avec des pierres provenant du palais des Tuileries incendié à Paris en 1871 pour conserver à la patrie corse un précieux souvenir de la patrie française. L’An du Seigneur 1891"...

lundi 15 décembre 2008

Pour une poignée de m²...


Une campagne coup de poing de la fondation Abbé Pierre, réalisé par BDDP unlimited, pour cette fin d‘année, mettant en parallèle les traditionnelles surfaces publicitaires (le 4x3 et l’abribus…) et les surfaces habitées dans de nombreux cas de mal-logement. Les photos, à l’échelle 1:1, ont été prises à la verticale de reconstitution hyper réaliste, où chaque détail d’un logement de ce type a été reconstitué.

Ce problème touche tout de même entre 3 et 6 millions de personnes en France (d’après les chiffres de la fondation) vivant dans ces hôtels borgnes, chez ces vendeurs de sommeil qui ressurgissent aux infos uniquement lors de catastrophe.

Il n’y a pas grand-chose à dire, si ce n’est la justesse de la proposition, du médium. Donne envie d’en faire un projet

mardi 9 décembre 2008

The Unfinished Swan


Je viens de tomber sur un petit jeu plutôt intéressant, the Unfinished Swan, mais malheureusement encore en développement n’offrant donc aucune démo...
Le concept en est très simple, et se résume à parcourir un labyrinthe pour en trouver la sortie… Mais pas un labyrinthe habituel. Une white abstraction dépourvue de limite, dont on découvre la géométrie à coup de jet de peinture noire.

Expérience esthétique garantie pour un jeu qui aurait plu à Y.Klein.

vendredi 5 décembre 2008

Copy/Paste


Avez-vous vu un la production du collectif Exyzt pour Etienne de Crécy. Une grosse installation constituée d’échafaudage, de toile et de projections millimétrées. Assez bluffante la première fois qu’on la voit.

Et je découvre sur le Net, que MTV et The Killer l’ont reproduit sans autorisation lors de la cérémonie des MTV awards qui s’est tenu le 6 novembre dernier à Liverpool, en Angleterre. Nous ne sommes plus face à une grille de 3x3 mais par une version augmentée de 5x5 (le groupe étant composé de 5 personnes, il fallait bien les faire tenir…)
La suite des informations est tirée d’un article du Monde : En octobre MTV aurait contacté le collectif. En accord avec Etienne De Crécy, les architectes aurait refusé de réaliser une construction similaire, mais proposer d’en imaginer une autre. MTV ne répond pas et les architectes croient le projet abandonné…A la mi-novembre, le collectif découvre une vidéo de la cérémonie sur YouTube…

A partir de là le Monde aurait contacté Mercury, la maison de disque qui distribue les albums de The Killer, qui s’étonne de la polémique, réduisant au passage l’originalité du spectacle d’Etienne de Crécy. "Mercury international et le groupe ont reçu de la part de MTV toutes les garanties concernant le respect des droits d’auteur. Ils sont même chiffrés dans le budget présenté par MTV à Mercury…" Exyzt dément un quelconque règlement de la part du network américain…et ont engagé une procédure pour plagiat

samedi 15 novembre 2008

Dr Jekyll and Mr Mouse


Le 104 a ouvert ses portes il y a de ça un petit mois. Le 104, nouvel établissement artistique de la Ville de Paris (c’est son intitulé), ou comment un espace d’art contemporain municipal s’annonce comme une plate-forme d’art bien plus prometteuse qu’un autre espace d’art contemporain, d’échelle national celui-ci, ouvert il y a de ça 5/6 ans maintenant...
Que nous réserve-t-il encore comme surprises dans les prochains mois.

Un duo très intéressant y réside depuis l’ouverture, Berger&Berger. Deux frères aux profils légèrement différents (l’un est plasticien, l’autre architecte) qui travaillent depuis quelques années ensembles. Leur production a démarré sa trajectoire gravitant de l’univers du théâtre : leur première collaboration Ça Va (un cinéma préfabriqué), livré en 2006, pour le Théâtre de Dijon, ou encore Feuillets d’Hypnos une curiosité architecturale, sortent de mutation entre un lieu de vie et un espace scénique (un peu dans la même veine que la Metavilla d’EXYST), mutation élaboré pour le festival d’Avignon en 2007...
Ils collaborent depuis peu avec BuildingBuilding, sur une bonne partie des productions de ce studio, voir Drip feed ou Notus Loci.

Tous ça pour vous dire qu’ils proposent actuellement une installation faite de néon, Dr Jekyll et Mr Mouse, un très belle piéce, toute simple mais très efficace. Architecture minimaliste, à la frontière d’un Dan Graham et de Philippe Rahm. Une pièce qui s’annonce comme l’introduction à une série d’installation au cours des prochains mois, Une île paradisiaque est un spectacle artificiel : "le projet trouvera son aboutissement dans la réalisation d'une série de micro-habitations, pensées comme des espaces de vie que tout un chacun peut s’approprier aisément. Usages et fonctions de ces modules ne sont donc pas figés, mais constamment redéfinis par les visiteurs eux-mêmes."
A lire une très bonne interview d’eux sur Paris-Art.com.